Nos héroïnes ont la parole !

Depuis samedi 12 mars, à Liège, de belles affiches invitent le public aux Très Grandes Conférences Liégeoises. Les sujets de ces événements attirent par leur (im)pertinence; les intervenantes sont des spécialistes dans leur domaine. Par contre, aucun de ces événements n’aura véritablement lieu…

Rendez-vous à une de ces conférences et vous trouverez porte close. Sur le site internet de l’événement, aucune annulation n’a pourtant été annoncée. Avez-vous bien lu la date ? Oui. Vous avez envoyé un mail à l’adresse renseignée et on vous informera qu’aucune de ces conférences n’est programmée… Pourquoi ce malentendu ? On vous explique.

Vous êtes tombé·es sur un canular !

Mais qui est véritablement le dindon de la farce ? Pas vous, rassurez-vous ! Les dindons de cette farce, ce sont les femmes et les personnes issues d’autres minorités sociales. Oui, oui… Et vous allez comprendre pourquoi !

Avec cette campagne d’affichage, nous voulons rendre visibles des vécus et des paroles qui ne le sont pas, pour mettre en lumière l’expertise méconnue des nombreuses femmes qui œuvrent dans des disciplines où elles excellent sans être (re)connues.

En créant notre propre programme de conférences, nous voulons montrer que les femmes expertes existent et ont existé à toutes époques. Le problème est qu’elles sont trop peu sollicitées pour intervenir dans les médias, débats publics et conférences. Ces événements reproduisent une domination patriarcale en ignorant la parole des femmes dans des domaines où elles subissent déjà de lourdes discriminations.

Si, à compétences égales pour un même poste, une femme reçoit en moyenne un salaire inférieur à celui d’un homme, le constat s’applique aussi aux prises de paroles : à expertise et compétences égales, la parole d’une femme est dévalorisée au profit de celle d’un homme. Cette discrimination pousse les femmes non seulement au silence, mais freine aussi leur carrière en les éclipsant du paysage culturel et politique.

Comment le débat public peut-il avancer vers une société égalitaire si les discussions ont lieu entre hommes ? Comment et où trouver des modèles de femmes inspirantes ?

Un monde pensé par les hommes est un monde créé pour les hommes. Nous avons mis à l’affiche des femmes qui ont marqué l’Histoire et leur domaine de compétences. Nous voulons relire notre passé et notre présent à la lumière de leurs contributions.

Par ces affiches, nous saluons leur œuvre. Rendons-leur un femmage ! Rendons gloire à tout ce qu’elles ont réalisé malgré les limites de ce qu’une société patriarcale leur a imposées ! Leur parole, leurs idées et leurs travaux ont changé la donne, ont influé sur le cours des savoirs de l’humanité. Malgré un climat social qui leur était peu favorable, elles ont pu s’instruire, lutter, agir, dépasser les stéréotypes, bouleverser les conditionnements sociaux. Pour certaines d’entre elles, ça n’a pas été facile. Beaucoup ont payé de leur vie pour rester fidèles à ce qu’elles voulaient être, cohérentes dans leurs combats, en ne renonçant jamais.

Ces femmes ne sont plus parmi nous aujourd’hui. Ces conférences fictives nous rafraîchissent la mémoire. Elles appellent à la persévérance et à la représentativité. Elles vous disent : « Mon discours doit être entendu. C’est une nécessité sociétale et vitale. »

Découvrez les conférences dont rêve notre Collectif sur le site des Très Grandes Conférences Liégeoises ! 

Nous, la Barbe Liège, militons 
pour une représentation des femmes et des minorités dans le panel des invité·es aux débats.

Nous, la Barbe Liège, militons
pour une représentation des diversités qui composent la société.

Nous, la Barbe Liège, militons 
pour une représentativité de la société qui rend justice aux minorités discriminées.

Comment nous aider ?

  • Coller une ou plusieurs affiches promotionnant nos événements (à votre fenêtre si elle donne à rue ou dans des endroits publics autorisés)
  • Distribuer l’affiche à des personnes qui feront pareil.
Trouvez notre matériel promotionnel (affiches & communiqué de presse) : ici.

Au boulot, repas de famille, à l’apéro, entre amis…

Parlez de ce cycle de conférences prestigieuses autour de vous… 

En voici le communiqué de presse : ICI

Projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles

Colère contre la campagne de pub d’un opérateur téléphonique qui se croit philanthrope…

Vous avez sûrement vu passer la PUB sexiste et violente d’un opérateur téléphonique belge. La Barbe réagit !

 » Les féministes adorent [notre nouveau plan tarifaire] / Machos aussi ! « 

C’est ce que nous dit une des accroches de la campagne de l’opérateur téléphonique belge.

Revenons aux BASES

Messieurs, messieurs, messieurs, ou devrions-nous plutôt dire, messieurs les dirigeants de BASE Belgium.

Bravo ! Bravo ! Bravo ! Vous l’avez fait ! Vous avez réuni sur un grand encart publicitaire les féministes et les machos. Vous avez fait devenir « copains-copines » les femmes et les hommes qui les dominent. C’est couillu !

Et votre slogan va même plus loin. Non contents de les avoir réunis, vous les avez même fait « se mettre d’accord » pour seulement 5 euros ! Vous les avez fait se mettre d’accord dans une société patriarcale où les hommes dominent les femmes dans tous les secteurs : politiques, économiques, médiatiques, sociaux, culturels, familiaux, musicaux… Chapeau-bas ! C’est doublement couillu.

Ça n’a pas dû être facile. Car ces deux idéologies –ce sont bien des idéologies et non des opinions– ne sont juste pas comparables, ni compatibles. Les féministes luttent contre le patriarcat et se battent pour l’égalité entre TOUTES les personnes, quelque que soit leur genre. Là, où « les machos » cherchent à banaliser les violences envers les femmes et à discréditer les discours féministes.

Faire cela, comparer des dominées à des dominants, qui plus est, sexistes et misogynes, c’est nier un combat vers l’égalité dans une société aujourd’hui inégalitaire et oppressive.

Faire cela, c’est nier les violences faites à l’encontre des femmes. Car oui, en Belgique, ici-même où vous placardez vos copinages publicitaires, c’est 1 femme sur 3 qui a été ou sera victime de violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie. 1 femme sur 3, c’est ta mère, ta sœur, ta femme, ta fille. Et ce système de domination va jusqu’au féminicide, lorsque l’on tue des femmes juste parce qu’elles sont des femmes : la Belgique compte à ce jour 16 féminicides recensés en 2020. C’est une honte.

Mais bon, si tout le monde est d’accord pour 5 euros… Business is business…Toi-même tu sais, cher barbu!

La Barbe, la Barbe, la Barbe ! –

Ce texte a été publié le 24 octobre 2020 sur la page Facebook du collectif